The word language has not been included accidentally to this exhibition. The painter Pablo Riestra (born in 1979) develops a fruitful practice in his paintings and their processes. In this practice he explores fast drawing, color testing, painting and repainting until he hits a complex and vibrant come out, detached from any mimesis. It was dictatorship time when Pablo was still a child in the 1980´s in Chile. He arrived in Finland with his parents and siblings at the beginning of the 1990's. Since then he has been confronting all the odds that being a migrant means: new landscapes, new ways of looking at things, learning a new language and new meanings. Riestra has merged all these experiences used to survive with his art; through observation the artist has found a noted reference source which he records on sketchbooks or a screen. The ideal excuse for calligraphy and handwritten translations —using a pencil, a ballpoint pen or a quill pen— , fast sketches and painting tests. Nevertheless, Pablo doesn't look down on new technologies: he also uses digital devices to take notes, write a poem and to make translations. He still is a postmodern artist after all.

This is when the artist´s logbooks become essential. Writing down ideas —be it a haiku or a title for a new painting— usually while traveling by train or bus; painting processes taking form under handwritten notes; translation exercises between seen objects and what appears on paper. Not forgetting the action of preserving what usually gets lost between moving landscapes and ephemeral thoughts. All of which shapes a starting point for the artist to explore creativity leading to a deepening in his painting processes and his style. The exchange and transferring method from Spanish to Finnish, from French to Spanish —many times through English— all together constructs a unique network of meanings for the artist. It’s a formal system equivalent to Pablo´s artistic method. It all begins from a sketch made with a pencil to a brush for an aquarelle painting; from the first acrylic layer to the last one made with oil, giving a last touch of lines with oil pastel. The artist translates and shapes his own sign system, repeating, erasing, sketching, painting and repainting until the composition is right.

Two traditional categories –drawing and painting– become eclectic through the artist's eye. These practices don't deny the contradiction nor the prevailing distance between them, nor the techniques and/or their motives. On the contrary they are taken with responsibility and praised. The line may appear strong and distinct in some sketches while it might disappear between an abstraction of two colors; on some sketches we can see shades in different lines arranged in groups while on the canvas these lines merge with acrylic and oil colors between layers. Both decontextualization and discordance have been developed soundly through landscapes, portraits, flowers and animals as subjects. Many times, non-fixed objects appear floating. As if the paintings with their plane backgrounds belonged to a striking idea due to their emotive chromatism, or to a Pop Art dream. There lies a way to saturate the ultimate representational desire. On the other hand, the flying birds and the presence of a flower detached from their respective context, evoques the Haiku poetry of ancient Japanese art. A way to illustrate everyday life bringing joy to everyone. Riestra succeeds in making these references and influences —regardless of their overwhelming distance— communicate, complementing each other, melting and unifying them, creating a joyful language which bursts into vibrant color. A love gesture which rectifies —through painting and drawing— the contradiction inhabiting our collective imaginary and also each of us.





Simple, flottante et saturé
Sur l’œuvre de Pablo Riestra
Par Francisco Belarmino,
Commissaire

Que l'on ajoute le mot langage pour cette exposition, ça, ce n’est pas une coïncidence. Car moyennant un recherche en peinture  ses processes y compris— l’artiste-peintre Pablo Riestra (né 1979) développe une pratique où il s'exerce au dessin rapide et soudain, aux essais en couleur, à peindre et repeindre pour arriver à la bonne solution. Une solution qui ne peut être plus loin de toute imitation: elle est la sœur d’une toute nouvelle figuration, vibrante et complexe dans son ensemble. C’était le temps de la dictature au Chili, dans les années 1980, lorsque Pablo Riestra était encore un enfant. Après cela il a vécu l’immigration en Finlande depuis les années 1990, avec ses parents, ses frères et sa sœur, avec toute la problématique que ça entraîne: trouver sa place en étranger, apprendre une nouvelle langue, parvenir à trouver de nouvelles façons de regarder et de communiquer, reconnaître de nouveaux paysages, encore et toujours. Tout cela qu'en apparence n'était qu'une forme de survie devient sa méthode artistique; ainsi, dans l'observation, l'artiste trouve une éminente source de références qui restent consignées lorsqu'il les inscrit sur papier ou sur un écran.

Voilà le prétexte parfait pour écrire et faire des traductions manuscrites sur papier —oui, à l’ancienne— ou sur son PC portable, en artiste postmoderne, tout évidemment; pour ébaucher au crayon, au stylo ou à la plume, et pour faire des essais en peinture. Donc, le journal de bord, en papier ou en écran soit-il, rentre dans le jeu: les inscriptions d'idées —un haïku ou un titre pour une nouvelle œuvre— qui sont conçues entre voyages en train ou en autobus, sur du papier ou sur un écran; les exercices de traduction de ce que l'artiste voit et cela qu'il dessine; et l'acte de préserver tout cela qui échappe au paysage en mouvement et à la fugacité de la pensée, sans aucun doute, configure une première phase exploratoire vers la créativité. Ce qui rendra possible une étude approfondie auprès de la peinture et de son style si particulier. 
Cette méthode d’échange et de transmissions de l’espagnol au finnois ou du finnois au français, qui passent souvent par l’englais, elles, articulent un réseau de sens chez Pablo Riestra. Là, il s’agit d’un système de règles qui s’alignent au processus artistique du peintre.

De l’ébauche au crayon; en passant pour un pinceau pour une aquarelle; dès la toute première couche en acrylique jusqu’à la dernière en couleur à l’huile et donnant les toutes dernières touches au pastel; ainsi, l’artiste, lui, traduit et met en place ses propre coordonnées de signes qu’il répète, efface, teste, peint encore une fois, n’ayant pour but que de trouver la bonne composition. La technique du dessin et de la peinture —des catégories classiques— montrent tous les deux un côté fort éclectique chez Pablo. Deux exercices qui ne nient pas la contradiction ou la distance de ses moyens, ses techniques et/ou ses motifs, mais, en revanche, les assume et les met en valeur. Dans certaines ébauches la ligne, elle, apparaît fort nette; dans d’autres elle disparaît entre couches de peinture, formant une abstraction. Sur certaines pages on trouve des nuances regroupées en différents traits; sur la toile les couleurs, elles, se fondent entre des couches d'acrylique et couleurs à l`huile. Cette dissonance a été travaillée avec consistance sur les thèmes tels que le paysage, le portrait, les fleurs et les animaux, parmis autres; également sur la manière de décontextualiser ces thèmes de son origine.

Les objets déplacés de son origine semblent flotter dans les tableaux de Pablo. On pourrait dire que ces peintures, avec ses arrière plans tout plats et son chromatisme émouvant, font partie d'une idée toute fulgurante ou d'un rêve Pop Art. Voilà une manière de saturer le désir de représentation. D'un autre côté, les oiseaux en vol et la présence d'une fleur, déconnectés de leur environnement, nous renvoient à l'ancienne poésie japonaise, les Haïkus. Une manière d'illustrer ces moments quotidiens de notre vie qui remplissent l'âme de tout le monde. Ces références et influences —gardant leur impérieuse distance— l'artiste-peintre, lui, parvient à les lier, à les faire communiquer, à les unifier, à les complémenter en créant un langage joyeux qui éclate en couleurs. Voilà de la tendresse pure, qui par la peinture et par le dessin, redresse cette contradiction de stéréotypes qui habite notre imaginaire collectif et à l'intérieur de chacun de nous.




Simple, flotante y saturado.
Sobre las obras de Pablo Riestra A.
Francisco Belarmino, curador


No es inocente que la palabra lenguaje esté incluida en el título de esta muestra. Pues es a través de su búsqueda en la pintura y sus procesos, que el artista chileno Pablo Riestra (1979) desarrolla una fructífera práctica en la que ejercita el dibujo rápido, las pruebas de color, el pintar y sobrepintar hasta dar con un resultado que, alejado de toda mímesis, se acerca a una compleja y vibrante refiguración de lo visto.
La historia de Pablo está marcada por la dictadura en Chile de los años 1980, cuando era un niño, y por la emigración a Finlandia en los años 1990 junto a sus padres y hermanos. Situación esta que conlleva los retos de posicionarse en un territorio como extranjero, aprender un nuevo idioma, reconocer nuevos paisajes, reinventar cada cierto tiempo una manera de mirar, una manera de comunicarse. 
Esto que parecía una forma de supervivencia, lentamente fue llevado hacia su práctica como artista. Así, en la observación encontró una eminente fuente de referencias que pasadas al papel o una pantalla quedan consignadas. Perfecta excusa para la escritura y la traducción manuscrita —sea ésta con lápiz, bolígrafo o pluma—, tanto como para el dibujo rápido y las pruebas en la pintura.
Como buen artista postcontemporáneo, Pablo tampoco descarta utilizar el teclado o la pantalla de un aparato digital a la hora de escribir y traducir. Es entonces que la bitácora, sea esta en papel o digital, se vuelve importante. El registro de las ideas —un haiku o el título para una nueva obra— que usualmente aparecen entre viajes en tren o autobús, sobre papel o en una pantalla; los procesos de obra que se gestan en las anotaciones; los ejercicios de traducción entre lo que se ve y lo que se dibuja; y, por supuesto, la acción de preservación de aquello que suele escaparse entre el paisaje en movimiento y la fugacidad del pensamiento, configura una primera etapa exploratoria hacia la creación y que servirá luego para profundizar en la pintura, el estilo que lo caracteriza. El método de intercambios y traspasos desde el castellano al finés y desde el finés al francés, que pasa muchas veces por el inglés, articula para Pablo su propia red de significaciones. Se trata de un sistema de formalidades que se homologa a su trabajo artístico. Desde el bosquejo en lápiz a la brocha en acuarela; desde la primera capa en acrílico hasta la última en óleo, dando un último toque con unas líneas en pastel; el artista traduce y configura su propio sistema de signos, que muchas veces repite, borra, ensaya, pinta y vuelve a pintar hasta dar con el resultado adecuado.

Clásicos en sus categorías, el dibujo y la pintura aparecen aquí eclécticos en su técnica. Una práctica que no niega en sí misma la contradicción o la lejanía de sus medios, sus técnicas y/o sus motivos, sino que las asume y las releva. Mientras que en algunos esbozos la línea aparece fuerte y marcada, en otras desaparece en la abstracción entre dos colores. Mientras que en algunos papeles encontramos matices en diferentes trazos agrupados, en la tela los colores se funden con el acrílico y el óleo entre capas. Así, el retrato, las flores, las naturalezas muertas y los  animales son motivos en los que esta disonancia se ha trabajado consistentemente; como también la manera en que los descontextualiza de su origen. Las cosas desprovistas de lugar aparecen muchas veces flotantes. Como si las pinturas con sus fondos planos, pertenecieran por su conmovedor cromatismo a una idea fulminante, o un sueño Pop Art. Hay ahí una forma de saturar el deseo de representación. Por otro lado, abstraídas de su ambiente, las aves en vuelo y la presencia de una flor, remiten a una poética Haiku del antiguo arte japonés. Una manera de ilustrar los momentos simples de la vida, que llenan el espíritu de los más sencillos. Estas referencias e influencias que guardan una imperiosa distancia, Pablo logra aunarlas, comunicarlas entre sí, complementarlas a través de un lenguaje jubiloso que estalla en colores; un gesto de amor que enmienda, a través de la pintura y el dibujo, la contradicción que habita nuestros imaginarios pero también en cada uno de nosotros.

You may also like

Back to Top